Cotonou, le 10 septembre 2026, a eu lieu à l’Alliance Biblique du Bénin, la réunion mensuelle « Paroles de femmes, Parole de Dieu », un temps de partage et de réflexion fondé sur la Bible de Méditation par les Femmes d’Afrique. Au programme de cette rencontre : un enseignement sur la discrimination, le portrait d’une femme de la Bible et une méditation sur la défense des plus faibles.
La discrimination à la lumière des Écritures
La réunion s’est ouverte sur un thème d’une brûlante actualité : la discrimination. La réflexion a été conduite par Mme Fifamè Fidèle HOUSSOU GANDONOU, Directrice de l’Alliance Biblique du Bénin, sous l’angle d’une lecture chrétienne et biblique de l’égalité et de l’amour du prochain.
Une réalité quotidienne, jusque dans l’Église
La discrimination consiste à favoriser ou à traiter injustement une personne en raison de son sexe, de sa race, de son origine sociale, de sa couleur de peau ou d’un handicap. Elle n’épargne pas les communautés de foi, où peut surgir la tentation d’établir des hiérarchies, de regarder les autres de haut ou de négliger les plus modestes. Deux questions ont guidé les échanges : pourquoi, à travail égal, les hommes sont-ils souvent mieux rémunérés ? et la discrimination peut-elle être une valeur chrétienne ?
Ce que dit la Bible
Dès les débuts de l’Église (Actes 6, 1-3), les veuves de langue grecque étaient négligées lors de la distribution quotidienne de nourriture. Les Apôtres n’ont pas fermé les yeux : ils ont institué des diacres pour garantir un partage équitable. Un exemple qui interpelle l’Église d’aujourd’hui.
L’apôtre Paul pose ensuite le fondement de l’égalité en Christ : « Il n’y a plus ni Juif ni païen, ni esclave ni citoyen libre, ni homme ni femme » (Galates 3, 26-28). Par la foi et le baptême, les barrières sociales, culturelles et de genre tombent ; tous deviennent héritiers de la promesse de Dieu.
Jésus, modèle d’accueil
Jésus lui-même a brisé les préjugés de son temps. Il laisse Marie s’asseoir à ses pieds pour écouter la Parole, une place alors refusée aux femmes. Face à la femme accusée d’adultère, il choisit le pardon et la réhabilitation plutôt que la condamnation. Il touche les lépreux, accueille la femme souffrant de pertes de sang, les collecteurs d’impôts et les aveugles.
Sa rencontre avec la Samaritaine (Jean 4) en est l’illustration la plus forte : il franchit les barrières de genre, d’ethnie et de religion, lui révèle la vérité avec amour, et elle devient la première à annoncer la Bonne Nouvelle à son village. La leçon est claire : refuser la discrimination ne signifie pas renoncer à la vérité biblique, mais la dire toujours avec amour et respect, selon le commandement du Christ : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jean 13, 34). Car, comme le rappelle Éphésiens 2, 14, le Christ « est notre paix » : il a abattu le mur qui séparait les peuples pour en faire un seul.
Des engagements concrets pour les femmes
Cette première partie s’est conclue par quatre engagements : rejeter toute discrimination sociale, de classe ou de culture dans nos communautés ; prendre Jésus comme modèle d’accueil, de justice et d’équité ; bâtir l’unité pour que l’Église soit un lieu où les murs de séparation tombent ; et proclamer la Parole avec amour, en témoins authentiques de l’Évangile, à l’image de la Samaritaine.
Portrait : Yaël, une femme au cœur de la délivrance d’Israël
Si Dieu ne fait pas de distinction entre les personnes, l’histoire biblique le montre à travers des femmes qu’on n’attendait pas. C’est le cas de Yaël, dont le portrait (Juges 4, 17-20) a été présenté aux participantes.
Épouse de Héber le Quénite, Yaël appartenait à un clan descendant de Hobab, beau-frère de Moïse. Ce clan vivait en paix avec Yabin, roi de Hassor, alors même que celui-ci opprimait les Israélites et avait lancé contre eux Sisra, le commandant de son armée. Conduite par Débora et Barac, l’armée d’Israël affronta celle de Sisra, et Dieu lui donna la victoire.
Dans sa fuite, Sisra vint se réfugier dans la tente de Yaël, s’y croyant en sécurité en raison de l’alliance entre la famille de Héber et le roi Yabin. Mais pendant son sommeil, Yaël lui transperça la tête avec un piquet de tente. L’oppresseur d’Israël mourut ainsi de la main d’une femme.
Ce récit rappelle que Dieu n’est limité ni par le sexe, ni par l’origine, ni par le rang social de ceux qu’il choisit pour accomplir ses desseins. Yaël, une femme étrangère au peuple d’Israël, est devenue l’instrument décisif de sa délivrance.
Méditation : Défendre les faibles et les pauvres (Psaumes 80-82)
Comme Yaël a pris position face à l’oppresseur, chaque croyant est appelé à se lever pour ceux qui souffrent. C’est le sens de la méditation qui a clôturé la rencontre.
Elle part d’un fait divers. Un journal local rapporte qu’à la suite d’un affrontement entre deux bandes rivales, des maisons ont été incendiées. Trois enfants y ont perdu leurs deux parents et se retrouvent sans toit, sans personne vers qui se tourner.
En lisant cette histoire, Rose est profondément émue. Elle ne s’arrête pas à l’émotion : elle vérifie d’abord les faits auprès du chef d’arrondissement et de l’assistant social, puis se met aussitôt à l’œuvre. Elle accueille les trois enfants, cherche des parrains pour financer leur scolarité à l’internat, rassemble des ressources et entreprend, petit à petit, la reconstruction de leur maison.
Combien de fois, face au malheur des autres, nous contentons-nous de dire « Que Dieu leur vienne en aide ! » ou « Quelle tristesse ! » ? Or Dieu peut nous appeler à devenir nous-mêmes la réponse. La méditation nous invite à rester à l’écoute de sa sagesse et à agir en conséquence.
Seigneur, donne-nous un cœur semblable au tien et aide-nous à prendre au sérieux cet appel : « Faites plutôt droit au faible, à l’orphelin, rendez justice au pauvre, au malheureux. Relâchez le faible et le malheureux, arrachez-les aux griffes des méchants » (Psaume 82, 3-4). Amen.
Rendez-vous le 8 octobre
Cette rencontre a rappelé une vérité simple et exigeante : en Christ, personne n’est de trop, et l’amour du prochain se traduit en actes. L’Alliance Biblique du Bénin remercie toutes les participantes pour leur présence et la richesse des échanges.
La prochaine réunion « Paroles de femmes, Parole de Dieu » aura lieu le jeudi 8 octobre 2026. Toutes les femmes sont chaleureusement invitées à y prendre part.
Que la Parole de Dieu continue d’éclairer nos vies et nos actions.







0 commentaires